"Etre adulte, c'est devenir un enfant lucide ", ce sont les mots qu'a retenus un journaliste qui m'interviewait, maintenant je pense que j'aurais dû dire : "Etre adulte, c' est RESTER un enfant lucide". La lucidité des enfants est une certitude pour moi, seul le désir de maintenir cette lucidité signe l'acceptation de devenir adulte sans s'amputer de l'essentiel de ce qui nous fonde, si douloureux que ce soit.
dimanche 21 février 2010
moment de grâce...
Hier soir, dîner chez une amie d'ami, avec une amie de l'amie d'ami, qui a lu et aimé mon roman (le dernier publié) "Un froissement d'aile", c'est extrêmement touchant et bouleversant de rencontrer quelq'un(e) que l'on ne connaît pas et qui a été touché(e) et bouleversé(e) par ce que l'on a écrit (j'ai toujours beaucoup de mal à dire ou écrire "ce que j'ai écrit" ), qui s' est reconnu(e), dans la première partie du roman, en particulier, dans l'analyse (je n'aime pas trop ce mot), dans le compte-rendu (j'aime pas non plus) bref, dans la description de ces sensations d'enfance, tellement méconnues, parce qu'on les a étouffées, réprimées, je ne sais pas. Ce n'est pas la première fois que je rencontre des lecteurs, des lectrices surtout, de tous les milieux sociaux, qui se reconnaissent, qui se retrouvent dans ces impressions, ce vécu, et ça, c'est la récompense suprême, la justification (puisque les femmes doivent, ou le croient, toujours se justifier d'une "dépense" de leur temps, qui ne rapporte rien, qui n'est pas rentable) de ces heures de travail, de rechercher au plus profond de soi, pour exprimer par l'écriture, la précision, le choix des mots, et transmettre une expérience dont on soupçonne qu'elle n'est pas unique, mais pourtant singulière. Et voilà que l'on est confronté(e) à ce fait étonnant : je partage ma singularité. Cela confirme ce dont j'ai toujours été convaincue, de façon intuitive, l'enfance est un creuset commun, d'une richesse exceptionnelle parce que encore dans une "fraîcheur" et une authenticité que la majorité des adultes tente d'oublier.
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me voilà très touché aussi. Sur l'enfance, je suis à mille pursang d'accord sur le fond, pour la forme, je n'arrive pas à ressentir, bien que je le conçoive ô combien, passant tout mon travail sur ses conséquences, la douleur et l'enfance.
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