Sur cette image, il y a trois bagues -mais comme on voit mes deux mains , je viens de m'en rendre compte, cela fait six !!- je voulais juste évoquer celles de la main droite. Peu importe, l'image est de toutes façons trop petite : à l'annulaire il y a les deux bagues que ma mère a porté jusqu'à sa mort, l'une est l'alliance de sa grand-mère maternelle, très belle, en or rose, l'autre une bague que je lui avais apportée, petite émeraude montée sur argent, cadeau de je ne sais quel organisme de vente par correspondance, sans aucune valeur, qui lui avait beaucoup plu. Et je caressais sa main et m'inquiétais de ce qu'elle gonflait, et que les bagues étaient trop serrées. Je craignais que cela soit douloureux. Les infirmier(e)s m'ont rassurée. Et a posteriori, j'ai compris que la valeur des bijoux importait peu ou pas du tout, ma mère portait à son doigt des alliances symboliques, une morte qu'elle avait beaucoup aimée, sa grand-mère, et une vivante, une de ses deux filles, moi. Je pense que, sa grand-mère et moi, nous étions toutes deux des substituts de sa mère, dans des moments difficiles : sa mise en pension, loin de l'Espagne, sa terre natale, et de ses parents, en ce qui concerne mon arrière-grand-mère, et dans ses deux dernières années de déclin et de perte d'autonomie en ce qui me concerne.
Je me demande ce qu'elle a fait de l'alliance que mon père a dû lui passer au doigt le jour de leur mariage. Et je me rends compte qu'il est trop tard et que personne ne répondra plus jamais à ces questions que je me pose. Perdre sa mère c'est aussi être amputé(e) d'une grande parte de son enfance.
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