J'ai peur, très peur pour ma maison du Gard, pour la petite ville de Sommières que j'aime tant, soumise aux "vidourlades", le Vidourle si beau, si paisible en temps ordinaire mais qui, gonflé par le déluge, déborde et envahit la ville, ravageant tout sur son passage. J'aime tant ma région, excessive, et inquiétante : sécheresse, inondations mais si belle. Si j'y vivais au moins, je pourrais veiller, espérer, deux cent kilomètres m'en séparent, ce n'est rien et c'est beaucoup. Et je ne peux plus rien sauver puisque je n'ai plus d'étage. Dans cette maison j'ai vécu de grands moments de bonheur -et d'écriture quand j'y étais seule- et de grands chagrins : je l'ai vu ravagée par la grande inondation dite "de Nîmes", par le feu, par le cambriolage, j'y ai vécu plusieurs vies et je serai enterrée tout près d'elle, je l'aime et je la crains. Pourquoi, comment, une maison peut-elle être aussi importante ? Je ne peux me résoudre à penser qu'elle n'est qu'un bien matériel, je sais, au fond de moi, qu'elle a un tout autre sens. Je me demande seulement jusqu'à quand je pourrai supporter une relation aussi intense. Peut-être, sans doute, me faudra-t-il accepter qu'elle ne soit plus un jour que le souvenir d'une passion, d'une partie de mes origines, de mes meilleurs souvenirs d'enfance. Je n'arrive pas encore à y renoncer.
jeudi 3 novembre 2011
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