saka

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samedi 21 juillet 2012

Encore Haruki Murakami...

Je viens d'achever la lecture de "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil ", très beau roman dans lequel j'ai retrouvé des prémisses de "1Q84", un amour d'enfance qui laisse une marque indélébile, inoubliable, comme toute chose vécue dans cet état -l'enfance- où l'être n'est pas encore entamé, abîmé par la vie, où tout compromis est impossible parce que la perméabilité aux émotions et la sincérité absolue n'existent qu'à ce moment-là, perdurent sans doute chez un petit nombre de personnes qui acceptent de rester vulnérables et qui le paient très cher. La vie authentique est à ce prix, je pense, celui de la souffrance, mais par ailleurs,  est-ce que ceux qui acceptent les compromissions, les soumissions ne sont pas des êtres morts avant la mort-même, la vraie. Se construire une armure, une carapace, est-ce que ce n'est pas accepter de mourir de son vivant ? Mais alors, quel est l'intérêt de cette vie-là ?
Autre chose qui m'a frappée dans ce roman de Murakami, c'est l'importance de cet acte, si minime en apparence, de se prendre par la main, de garder en soi ce souvenir de deux mains qui se joignent, geste éminemment humain qui exprime tout l'indicible, la main qui engage tout l'être : "j'ai l'honneur de ne pas te demander ta main" a écrit et chanté Brassens, conscient sans doute de l'importance et de la gravité de cet engagement suprême - et social-  qu'il précise par les vers suivants : "ne gravons pas nos noms en bas d'un parchemin" (au fait, c'était de lui, ou d'un autre poète ? je ne sais plus...). La main qui signe, la main qui lie et qui relie, la main trait d'union qui, parfois, se rompt mais dont le souvenir, intact, demeure.

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