saka

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jeudi 13 juin 2013

Joyce Carol Oates sur France Inter...

Bel acte manqué : j'ai oublié de l'écouter ce lundi (10 juin 2013) dans l'émission de François Busnel "Le grand entretien"  mais grâce aux bienfaits de la technique, j'ai pu le faire aujourd'hui en différé sur le site de France Inter. Interview tout à fait passionnante, bien sûr -pour moi qui suis une fan de cette écrivaine- je pense que je vais me précipiter pour acheter son "Journal" car c'est un journal d'écrivain(e) et non pas un journal intime et il se trouve que j'ai ce point commun avec elle depuis tant d'années : journal, non pas d'un quotidien qui n'intéresse pas grand monde à part son auteur mais sorte de tremplin où l'on note les idées qui nous traversent, idées d'histoires à écrire, idées sur ce que l'on est en train d'écrire, notes, réflexions. Christiane Rochefort tenait le même genre de journal dont elle a extrait "C'est bizarre l'écriture", journal de l'écriture de "Printemps au parking" dont j'ai la chance de détenir le brouillon ou les prémices en sus de l'oeuvre publiée.
Ce genre d'écrit, en ce qui me concerne, tient lieu d'exorcisme à la malédiction de la page blanche. Et c'est ce que disait aussi Joyce Carol Oates, incapable de se mettre en face d'une page (blanche, bien sûr) mais à partir d'idées qui lui ont traversé l'esprit pendant qu'elle courait ou lors d'une activité physique, comme de petits films, des images, quelque chose de visuel : autre point commun entre elle et moi. Derniers points communs : elle a commencé à écrire quand elle était enfant et à lire, lire et encore lire, une des oeuvres parmi celles qui l'ont beaucoup marquée : "Alice au pays des merveilles". Pour elle -comme pour moi-, l'apprentissage de l'écriture trouve essentiellement sa source dans la lecture des écrivains qui l' (m') ont précédée. Il ne s'agit pas de copier mais de se nourrir des écrits des autres pour donner naissance à sa propre écriture.
Autre chose qui m'a fait me sentir en symbiose : dans ses lectures, elle ne s'attache pas uniquement à l'histoire qu'on lui raconte mais à sa construction, le fond certes, mais surtout la forme. Quand j'animais des ateliers d'écriture, je me réjouissais de ce que les participants devenaient  des lecteurs critiques et sensibles à la forme : construction du récit et singularité du style.
Bien entendu, nos points communs s'arrêtent là : Joyce Carol Oates est une immense écrivaine, d'une prolixité stupéfiante (elle aurait peut-être dû (pu ?) avoir le prix Nobel mais qui sait ?), moi je ne suis qu'une petite écrivaillonne inconnue MAIS très exigeante (trop ?) et dépourvue de toute confiance en soi. Pourquoi ? Peut-être à juste titre, peut-être aussi pour d'autres raisons d'ordre personnel (historique familial) et bien entendu... névrotique : ouah ! les chiens sont lâchés !

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