...entendue ce matin à la radio, France Inter, dans une émission consacrée au Festival de Cannes, programme d'été les samedi et dimanche matins. La voix de Christiane Rochefort, son timbre frêle et pourtant ferme, cette voix, et toutes nos conversations, tous nos échanges si denses, si riches, me sont revenus en pleine figure, en plein coeur, comme si l'absence était abolie, comme si, ouvrant mes yeux fermés sous l'émotion de cette voix retrouvée, j'allais voir son sourire, ses yeux, entendre son rire et poursuivre un dialogue interrompu le 24 avril 1998 et devenu ensuite monologue parce que je lui parle souvent mais n'ai d'autre réponse que celles qui sont restées dans mon oreille et que j'entends avec ma voix et non la sienne, les mots qu'elle m'a dits dont son absence définitive n'a fait qu'un écho. Rien n'est plus difficile à faire revivre qu'une voix, son souvenir est comme une musique lointaine, presque imperceptible et l'entendre à nouveau, désincarnée, est une épreuve cruelle.
dimanche 17 août 2014
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