saka

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lundi 3 août 2009

c' est bizarre les éditeurs (2)

Alors, pour en revenir à la question, "suite" mais pas "fin", il y en a un, connu, dont je tairais le nom par charité (non pas chrétienne mais humaine) qui m' a écrit : " les propos tenus par votre héroïne ne sont pas défendables". Stupéfaction ! La "morale" de mon "héroïne" est certes contestable mais je croyais qu' on ne faisait pas de littérature avec de bons sentiments, erreur sans doute de ma part, cette "héroïne" ne tient aucun propos antisémite, raciste ou autre mais elle défend son rejet de toute morale bourgeoise ou conventionnelle, elle choisit les hommes qui lui plaisent et les jettent après usage, c' est une femme libre, ou qui le croit, c'est peut-être ça qui n'est pas défendable ? Pire ( ? ) encore, l' éditeur en question s' enferre : " vous avez voulu raconter une histoire d' amour entre deux femmes et vous n' y êtes pas arrivée ". Ah bon ? ! Re-stupéfaction. Eh bien, non, je sais ce que j' ai voulu raconter et ce n' est pas ça du tout, c' est simplement l' histoire d' une femme qui ne vit que pour le pouvoir qu'elle peut exercer sur d' autres (homme et/ou femme). Christiane Rochefort, indignée par cette lettre de refus, m' a dit : " c'est un voyeur et il regrette que tu n' aies pas écrit ce qu'il attendait, ce mec est un c..." . Ce roman a été publié par "Le Temps des Cerises" , il va y avoir 10 ans, il se nomme "Opéra Café" , et aucun des lecteurs, que j' ai rencontrés ou qui m' ont écrit, ne m' ont exprimé ce genre de propos débiles qui n' ont rien à voir avec la littérature.
Petit supplément : un ami, ami lui-même de l' éditeur en question, après que je lui ai rapporté le contenu de cette lettre, s' est exclamé : " Mais pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu étais une amie à moi ? ! " Ben, je ne savais pas encore que les manuscrits intéressants étaient ceux d' ami(e) d' ami.

dimanche 2 août 2009

Il y a si longtemps...

... Que je n' ai pas écrit. Mais j' ai beaucoup lu. Une autre façon d' échapper à la réalité, j'ai lu des livres en quantité, je retiens surtout "Le lièvre de Patagonie" de Claude Lanzmann, passionnant de la première à la dernière page, l' itinéraire d'un homme, d'un intellectuel, d'un créateur, dans ces soixante dernières années, une pensée d' une richesse et d'une intelligence immenses. Lu aussi "Ramon", biographie de Ramon Fernandez par son fils, Dominique, même si ce rapprochement semble incongru, il y a là aussi un itinéraire personnel qui s' achève presque parallèlement au moment où Lanzmann situe ses mémoires, dans ces quelques années cruciales de l' occupation et du pouvoir nazis sur le monde où certains faisaient le "bon choix" et d' autres se fourvoyaient, alors qu 'il y a là deux hommes intelligents, l' un au début d' une vie d' engagement et de remise en question courageusement assumée (Lanzmann), l' autre à la fin -prématurée- d'une vie d' engagement et de remise en question jusqu'à ce que celle-ci s' efface au profit d' un aveuglement suicidaire (Ramon Fernandez), et d' un attachement à un chef jusqu'à l' adhésion à ses erreurs tragiques. Pourquoi ? Il me semble, non, je suis certaine, qu' aliéner sa pensée, sa conscience, sa réflexion à celle d'un autre est une démission de son être propre, un suicide intellectuel. Pas de "chef", jamais ! Quoi qu'il arrive, garder sa liberté de pensée, sa capacité de critique, et surtout d' autocritique, même si ce terme a été galvaudé par des idéologies mortifères, ce qui est un pléonasme : toute idéologie est non seulement mortifère mais mortelle pour ceux qui en sont les victimes, consentantes ou non.
Une autre très belle lecture, apparemment sans aucun rapport avec les autres, sinon, là encore, une expérience humaine, de femme plus précisément, ce qui ne veut pas dire que les hommes ne soient pas concernés par ce livre, bien au contraire, un roman où se mêlent réalité et fiction, rêve - ou cauchemar - et vécu, une écriture superbe, une histoire (des histoires...) envoûtante(s). Ça s' appelle "La maison des temps rompus" de Pascale Quiviger, Editions du Panama, 2008.

lundi 29 juin 2009

C' est bizarre les écriveurs...

Eh bien, oui ! J' ai fait exprès, dans "écriveur" il y a un écho avec "labeur", moins de prétention (seuls les lecteurs peuvent nous dire que nous sommes des écrivains ou des imposteurs, il y en a tant dans cette activité qui ne peut être une "profession", sauf si on en vit, au sens premier du terme...)
Un mois est ( ou "a" ? ) passé depuis mon coup de gueule à propos des éditeurs. J' ai dû me faire peur à moi-même, j' ai encore des textes en cours, donc je vais avoir besoin d'un éditeur, c' est pas le moment de les descendre en flamme (avec ou sans "s" ? j' sais plus...) mais j' ai retrouvé un certain nombre de ces "fameuses" lettres de refus qui, comme je l' écrivais précédemment, sont un peu tout et n' importe quoi... bref, j' ai des preuves , ah, ah, ah ! Des preuves de quoi, au juste ? Ben, de l' incohérence des arguments motivant leur refus, mais aussi de leur intérêt ( désolée, j' avais oublié) pour une écriture "singulière", "personnelle" mais, de l' aveu -honnête- de l 'un d' entre eux : "je ne peux prendre le risque de publier quelqu' un d'inconnu ". Depuis, j' ai réfléchi et je me suis dit que j' aurais dû poser une bombe quelque part, assassiner mon père (trop tard, il est mort tout seul, et vraiment tout seul, mais dans un hôpital, ce qui exclut toute tentative d' un proche, par exemple sa seconde épouse qui dormait sur ses deux oreilles, selon la formule consacrée qui n' est pourtant pas évidente, concrètement parlant), assassiner ma mère, là, il est encore temps mais j' ai intérêt à me dénoncer tout de suite si je passe à l' acte et je précise que je pars demain jusqu' au 15 juillet, donc si elle meurt pendant ce laps de temps, je n' y serai pour rien. Au cas où d'éventuels lecteurs, indignés, chercheraient à m' accuser de négligence ou autre envers personne vulnérable, je tiens à préciser que j' ai mis en place tout un "staff" pour s' occuper d' elle en mon absence (eh, oui ! hélas ! elle vit chez moi depuis 15 mois ), afin que je puisse échapper momentanément à mon incarcération, mon esclavagisation, tant que j' ai encore, peut-être, quelques années de "vraie" vie devant moi.

samedi 30 mai 2009

c' est bizarre les éditeurs...

Je me demande si je ne vais pas faire de ce blog un forum de réflexion sur les éditeurs, " les grrrrrands éditeurs ", c'est-à-dire parisiens évidemment, et affiliés de province, car il y en a, je pense à certaine maison installée dans le Sud qui disposait à sa création d' un excellent carnet d'adresses parisiennes. Je détiens un nombre conséquent de lettres de refus d' éditeurs dont j'envisage de livrer ici des extraits très pittoresques, très contradictoires et donc ... ? Je laisse à chacun le soin d'ajouter son adjectif selon son vécu ou son expérience personnel(le). Il m' est venu ce désir ce soir, ou plutôt re-venu, parce qu'il y a longtemps que j' ai envie d'écrire sur ce sujet, je l'ai déjà fait dans mes " carnets noirs  " mais ce sont des écrits personnels destinés uniquement à mon usage personnel, mais là, j' ai tellement de choses à dire à ce propos qu' il  serait peut-être intéressant de les livrer à d' autres et de partager, qui sait,  des expériences ? 
J' ai quelques "perles" dans mes archives, puisque j' ai quand même eu la chance d' avoir des réponses personnelles et pas uniquement des lettres - types : "... votre manuscrit ne correspond pas à ce que nous souhaitons publier actuellement" ou bien " n' entre pas dans le cadre de notre collection" etc. etc. Bref, cela représente un travail sérieux de "plongée" dans mes archives et ce désir m' est revenu après avoir entendu ce matin (non, vu l'heure,  c'était hier matin, samedi 30 mai) sur France Inter des propos où il y avait ce complet rabâchage et mensonge : "mais oui, tous les manuscrits reçus par la poste sont lus etc. etc.". Je peux dire que c'est totalement faux car j'ai été, moi aussi, lectrice dans une maison d'édition et j' étais la seule à lire de la première à la dernière page et à rédiger, pour les auteurs, une note critique en précisant qu' il ne s' agissait bien que de mon propre point de vue, donc sujet à caution. Je précise que j' ai donné des avis très favorables à la publication dont l' éditeur n' a pas tenu compte et que ces manuscrits ont été publiés dans d' autres maisons et ont obtenu des critiques, et même des prix, de lecteurs en particulier,  qui leur ont valu des ventes et une réputation considérables ! Alors, j' en ai marre de ce mythe, de cette bonne conscience que veulent se donner les éditeurs en affirmant quelque chose que personne ne peut vérifier, à part ceux qui ont eu accès à ce milieu totalement fermé.
La suite à plus tard, je suis fatiguée et évoquer ce genre de pratique me met dans une colère qui m' épuise. D' autres circonstances font que je suis déjà épuisée, et j' ai décidé de m' épargner désormais.

dimanche 10 mai 2009

"c'est bizarre l'écriture"

C'est le titre d'un livre de Christiane Rochefort, que j' aime particulièrement, en premier lieu parce qu' il est passionnant, généreux, honnête et qu' il a pour thème une des passions de ma vie, en second lieu parce que c' est grâce à ce livre que j'ai rencontré Christiane, à un salon du livre à La Garde et que j' ai osé aller lui en parler, premier dialogue entre nous suivi de nombreux autres et d'une amitié indéfectible. Nous avons tant parlé, ri, ensemble, nous avons partagé tant de choses, de bonheurs de lecture, de musique, de moments de grâce, échangé de réflexions sur la vie en général, nos vies, la sienne, la mienne, sur la littérature, l'écriture, elle m' a tant aidée, tant aimée ( c'est la seule personne au monde qui m' ait aimée pour ce que j'étais, en tant qu' individu singulier) , tant donné, tant engueulée parce qu' elle ne supportait pas ma dévolarisation permanente (et involontaire) et après, elle s' excusait en me disant : "Tu comprends, c' est pour ton bien". Elle m' a fait comprendre que les  nombreux refus des éditeurs n'étaient pas dûs à un manque total de talent mais à mon absence de relations avec ce monde-là : " Tu vois, il faudrait que tu te montres dans des dîners, dans des cocktails " . C'est aussi la seule personne au monde qui m' ait reçue avec son sourire magnifique et ces mots : "Te voilà, quel bonheur !". Mots qu' elle m'a adressés pour la dernière fois le 23 avril 1998, la veille de sa mort. Elle m' a laissée terriblement orpheline et, dans mes moments d' optimisme, terriblement heureuse de l' avoir rencontrée, d' avoir connu une telle amitié avec quelqu' un d'exceptionnel. Elle reste pour moi un des plus grands écrivains du xxème siècle, exigeante envers elle-même, travailleuse infatigable des mots et du langage, d' un humour, d'une intelligence,d' une indépendance d' esprit,  d'une intuition et d'une acuité de vue sur le monde dans lequel elle vivait qui allait jusqu'à la prémonition (lire  "Une rose pour Morrisson" qui, deux ans avant, décrivait le mouvement de Mai 68 ) et d' une profondeur, rares et exemplaires. Un jour, j' en suis certaine, elle sortira du purgatoire dans lequel elle est encore actuellement et son oeuvre apparaîtra à nouveau pour ce qu' elle est : unique. Sa présence me manquera à jamais. Irremplaçable, inoubliable.

mercredi 6 mai 2009

"Mon" petit-duc (otus scops) est mort sans doute...

Je viens de voir sur Google que leur longévité était de six ans. C' est terrible... MON petit-duc n'existe plus, mais ses descendants reviennent sur leurs lieux de naissance, apparemment, et j' arrive encore à leur parler, peut-être ? Je ne sais pas. Dans mon imaginaire, il n' y a qu' UN petit-duc, peut-être se transmettent-ils le message : "il y a, à tel endroit, un être humain qui essaie de nous parler dans notre langue " et ils se passent le relais, de génération en génération (bis repetita). Je voyais, moi, un petit-duc, toujours le même, que je retrouvais chaque printemps jusqu'à l'automne. Mais alors, ce qui est vraiment étonnant, c'est qu'il y en ait toujours un -et même deux - qui me répondent : mémoire collective ou ... quoi d'autre ?  Même lieu, même dialogue (ou trilogue, le week-end dernier ) ? Mes histoires de petit-duc ne doivent pas intéresser grand-monde, tant pis, mais pour ceux qui tomberaient par hasard sur mon blog, s' ils se posent les mêmes questions que moi et aient vécu le même genre d' expériences, qu' ils m' en fassent part, merci.
Ce message est tout particulièrement adressé à Kriss, et à son émission sur France Inter le dimanche : "Kriss Crumble" qui me semble une émission parfaite pour tous les petits-ducs et leurs aficionados, et tous les farfelus de mon style : je vous embrasse, Kriss, même si ce n'est pas dimanche et si ce n'est pas légal

mardi 5 mai 2009

Les petits-ducs sont de retour

Je suis allée dans ma maison du Gard ce week-end et vendredi soir, j'ai tenté ma chance : j' ai commencé à chanter en langage petit-duc et ça a marché, il y en a un qui a répondu au loin, puis il s'est rapproché, est venu dans un des deux platanes, juste au-dessus de moi, puis un autre s'est manifesté un moment après, ce qui fait que nous étions trois, enfin je veux dire : deux vrais petits-ducs et moi. Mais alors, s'ils sont deux maintenant, lequel est "mon" petit-duc ?