saka

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mardi 3 janvier 2012

ce soir, je pense à René Char...

Je viens d'envoyer un message Facebook à Vicky dont j'admire tant le travail. Je lui rappelais cette citation, de René Char, que notre Christiane aimait tant : "Toute la place pour la beauté" qui devrait être l'injonction de vie de tout artiste. Certains y arrivent, ou en sont très proches. Ce qui me renvoie à cette autre phrase de René Char : "La lucidité est la blessure la plus proche du soleil".
Tendre au moins vers cela mais c'est si difficile.

samedi 31 décembre 2011

Oï, oï, oï ! Ouille, ouille, ouille ! Une année de plus et une année de moins ! Je sais, c'est récurrent, mais de plus en plus traumatisant parce que je ne les vois plus passer (les années) et, de plus, cette année-ci ( âgée de 2h40 minutes déjà !!!) est bissextile, donc de mon vrai anniversaire, et pan !  je me prends quatre ans dans la poire ! Cependant, bonne année à tous puisque c'est la tradition !

mercredi 30 novembre 2011

la vieillesse est un naufrage...

... ainsi que le disait de Gaulle. Mais avant la vieillesse, il y a le "vieillir", qui passe totalement inaperçu -ou presque, pendant un certain laps de temps- et où, avant le naufrage, on sent qu'on est juste en train de naviguer à vue, c'est-à-dire sans réelle appréhension de ce qui est à venir et sans certitude aucune d'accomplir ce que l'on se croyait toujours à temps d'accomplir.  Cela peut durer plus ou moins longtemps -on espère le plus longtemps possible, bien sûr- mais il y a un moment, un instant, où ça y est, on sent qu'on a basculé d'un temps illimité ou qu'on croyait tel à un temps compté, non plus indéfini et irréel, mais défini et pas forcément plus réel, et c'est là que le bât blesse : notre temps ne s'ouvre plus devant nous telle une voie royale mais se ferme, se rétrécit et pourtant on ne peut imaginer le moment où il ne sera plus. C'est sans doute la grâce ou la malédiction de la condition humaine, c'est, de toutes façons, son ambiguïté et ce qui en fait son prix, même quand il y a de moins en moins d'avenir, on est toujours en devenir jusqu'à l'heure ultime où on devient encore sans doute mais on ne sait ni qui, ni quoi, ni vers quelle destination.
C'était ma minute de philosophie du Café du Commerce. Et, ceci dit, je n'envisage pas ma fin avant d'avoir terminé le manuscrit en cours, sachant que mon corps physique ne me demandera pas mon avis.

dimanche 13 novembre 2011

j'aime...je n'aime pas...

Il me semble me souvenir qu'il s'agissait d'un livre de Jacques Drillon, à partir d'une construction semblable au "Je me souviens" de Georges Perec. Hélas, j'aime et je n'aime pas le bordel de ma bibliothèque personnelle : il faut être très motivée pour virer les deux premières rangées + les livres entassés au-dessus des deux rangées, multipliées par le nombre d'étagères. Bref, je renonce... A quand la bibliothèque idéale, dans une pièce totalement extensible, avec des livres sur une seule rangée, un escabeau roulant ? Jamais sans doute...
J'aime les livres qui m'entourent et qui me submergent.
J'aime les livres que j'ai lus et qui m'ont enrichie.
J'aime les livres que je n'ai pas encore lus et que j'ai envie de lire.
J'aime le livre que je lis en ce moment : "Lacan  lecteur de Gide" et je remercie Laurence P. qui me l'a offert (je suis une "fan" de Gide, de longue date, au risque d'être totalement démodée - mais je m'en fous- et de Lacan aussi dont, cependant, je n'aime pas tout ce qu'il a écrit et que j'ai lu mais que je n'ai évidemment pas lu intégralement.)
Je n'aime pas l'ami qui me trahit - désolée pour lui, je ne peux pas mettre au pluriel, exceptée une vieille trahison d'une "elle"pour les mêmes motifs - parce que j'ai essayé de l' (les) aider en leur consacrant beaucoup de temps, d' énergie et que, sans doute, l'ampleur de leur dette ou ce qu'ils vivent comme telle leur fait me haïr.
Je les ai aimés mais je me suis résignée à penser que je n'en ai rien à foutre. L'égocentrisme, l'incapacité à se mettre à la place de l'autre est une implacable condamnation à mort (psychique) et à la solitude dont ils disent tant souffrir. Mais quand ces gens-là me traitent de "conne", c'est curieux, cela me blesse affectivement -énormément- mais je ne prends pas au sérieux ce jugement et j'ai juste envie de dire : " c'est celui qui le dit qui l'est", selon la formule consacrée qui n'est sans doute pas aussi débile qu'elle en a l'air.
La moralité de cette (ces) histoire(s) devrait être : il ne faut surtout pas aider ses amis -ou que l'on croit tels- mais (version optimiste) il en existe sans doute d'autres, des "vrais"... que l'on peut aider en toute impunité, et qui peuvent vous rendre la pareille, je l'espère !!!

jeudi 3 novembre 2011

Episode cévenol...

J'ai peur, très peur pour ma maison du Gard, pour la petite ville de Sommières que j'aime tant, soumise aux "vidourlades", le Vidourle si beau, si paisible en temps ordinaire mais qui, gonflé par le déluge, déborde et envahit la ville, ravageant tout sur son passage. J'aime tant ma région, excessive, et inquiétante : sécheresse, inondations mais si belle. Si j'y vivais au moins, je pourrais veiller, espérer, deux cent kilomètres m'en séparent, ce n'est rien et c'est beaucoup. Et je ne peux plus rien sauver puisque je n'ai plus d'étage. Dans cette maison j'ai vécu de grands moments de bonheur -et d'écriture quand j'y étais seule- et de grands chagrins : je l'ai vu ravagée par la grande inondation dite "de Nîmes", par le feu, par le cambriolage, j'y ai vécu plusieurs vies et je serai enterrée tout près d'elle, je l'aime et je la crains. Pourquoi, comment, une maison peut-elle être aussi importante ? Je ne peux me résoudre à penser qu'elle n'est qu'un bien matériel, je sais, au fond de moi, qu'elle a un tout autre sens. Je me demande seulement jusqu'à quand je pourrai supporter une relation aussi intense. Peut-être, sans doute, me faudra-t-il accepter qu'elle ne soit plus un jour que le souvenir d'une passion, d'une partie de mes origines, de mes meilleurs souvenirs d'enfance. Je n'arrive pas encore à y renoncer.

mercredi 5 octobre 2011

La bascule du souffle

C'est un livre de Herta Müller, prix Nobel de littérature 2009 si j'ai bonne mémoire -ah, ben, oui ! c'est inscrit sur la quatrième de couverture-, finalement ces prix Nobel ont une utilité, ils nous font parfois découvrir des écrivains dont on ignorait même l'existence, et souvent des poètes, ce qui est une bonne chose, vu la confidentialité de la poésie contemporaine.
Je suis donc en  train de lire ce livre, après avoir lu "La convocation " il y a quelques mois. Ce ne sont pas des livres faciles à lire, mais le style est totalement fascinant, le style évidemment (n'oublions pas qu'il s'agit d'une traduction) et surtout cette faculté de rendre vivants et indépendants les objets environnants, les différentes parties de notre corps physique et notre ressenti psychique ET physique ! C'est absolument nouveau et exceptionnel (pour moi) , c'est, aussi, terrible et même terrorisant parce que l'on est face à des personnages en même temps dépersonnalisés par un régime politique ("La convocation") auquel s'adjoint un régime concentrationnaire ("La bascule du souffle"), certes en apparence moins "génocidaire" que le régime nazi, mais pourtant empreint d'un système idéologique atroce, meurtrier, et encore plus hypocrite : la cible n'est pas "les juifs" malgré l'antisémitisme notoire de Staline, mais tous ceux qui sont jugés opposés à la toute-puissance de la pensée et de l'action du chef. C'est-à-dire d'un arbitraire total, sans critères raciaux, religieux, politiques.
Je ne livre pas ces considérations à tout un chacun pour absoudre en quoi que ce soit l'épouvantable génocide nazi, (ou plutôt LES génocides nazis) : outre la Shoah, le génocide des malades mentaux,  des Tziganes, des homosexuels etc. Non, simplement, je voulais livrer quelques réflexions - à la limite du cliché ou peut-être même en plein cliché - pour faire éventuellement une piqûre de rappel : ne nous laissons pas aller à une absence d'esprit critique, n'oublions RIEN (l' histoire est une continuelle répétition), et surtout pas d'avoir un regard et une analyse critiquse sur tous les sujets et en toutes circonstances.
Désolée pour mes quelques lecteurs, j'ai dû leur sembler très chiante -s'ils sont arrivés jusqu'à cette conclusion- , mais il me semble que sonner l'alarme est de plus en plus nécessaire.

samedi 24 septembre 2011

tous ces livres...

... qui m'entourent, me menacent en piles instables et se cachent dans de doubles rangées horizontales ou verticales dans mes toujours insuffisantes bibliothèques, je les aime, je les hais. On devrait pouvoir se séparer d'eux pour n'en garder que le contenu immatériel, mais j'en arrive à un point où il m'est impossible de n'avoir pas l'objet sous les yeux, où je dois feuilleter, compulser, pour me remémorer ce que j'ai aimé, ce qui a été primordial, ce qui m'a conduite à une pensée autre, différente, plus ouverte peut-être, ce que j'ai oublié -peut-être totalement à tort-, des choses qui ont été importantes à un moment, un passage, de ma vie et dont j'ai oublié maintenant pourquoi ils ont tellement compté. Les livres, c'est comme les gens, on pense qu'ils sont indispensables, qu'on ne pourra jamais cesser de les aimer et pourtant... Ce qui est terrible, c'est d'être incapables de s'en séparer, de penser  : "celui-là, il ne m'apporte plus rien, il fait partie de moi maintenant" ... Parce que c'est sans doute une erreur : ce qui nous a construit, constitué, en tout cas en ce qui me concerne, je ne peux pas m'en séparer, le mettre au rebut. Je n'ai jamais pu jeter un livre, c'est impensable, c'est comme si je m'amputais d'une part de moi-même.