saka

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lundi 31 mars 2014

les cerveaux fondent-ils au soleil ? (complété le 25 mai 2014 jour de honte)

Je vis dans un département où il semblerait que cette hypothèse soit valable, au vu des résultats des dernières élections. Je ne fais pas seulement allusion aux cerveaux des électeurs mais à ceux des élus, tellement prisonniers de leurs ego surdimensionnés et si peu attachés à leurs villes mais à leurs prébendes, qu'ils se comportent comme des demeurés accrochés à leurs joujoux et leurs rentes comme des berniques à leur rocher. Qu'ils se pendent donc avec leurs écharpes indûment tricolores dont ils n'ont plus l'usage.
P.S. 25 mai 2014 : au vu des résultats de l'élection européenne, il semblerait que la fonte et la déréliction des cerveaux français soit une épidémie d'Alzheimer généralisée.

vendredi 28 février 2014

non anniversaire ?

Disons que je suis sans doute dans le créneau entre le 28 février et le 1er mars, il est minuit 19, ou, diraient certains, à raison, 0h 19 minutes,  mais 0 heure c'est angoissant, je peux caser un tout petit 29 février entre 0 heure et 0 heure 1 ou 2 minute(s) et donc imaginer que, ça y est, j'ai franchi la frontière
et que j'ai bien un an de plus (hélas, hélas !).
Cela me renvoie à ma lecture en cours : "Mudwoman" de Joyce Carol Oates, livre qui me touche énormément, le destin de cette femme, enfant jetée dans un marais par sa mère prisonnière d'un délire "mystique", persuadée que Satan est partout, folle autrement dit, sauvée in extremis, adoptée par un couple de quakers extrêmement bienveillants, qui devient une "personne" -les guillemets sont importants- brillante, "personnalité" intellectuelle ("personne", "personnalité", le grand écart), en fait enfermée dans un personnage qu'elle s'est construit et qui se retrouve rattrapée, malgré elle, par ce terrible passé, cette expérience inimaginable : une enfant jetée comme un déchet dans un marais qui doit l'avaler, la faire disparaître comme si jamais elle n'avait existé.
Je me demande si, sans avoir évidemment vécu une expérience aussi atroce, on n'est pas toujours une sorte de Mudwoman dans ce désir éperdu de se faire aimer à tout prix, soit dans l'excellence, soit dans l'inverse (déviance, délinquance) mais dans l'unique préoccupation de prouver que l'on existe, que l'on est quelqu'un -et non pas personne mais UNE personne, ah, le terrible double sens de ce mot : personne- et que le sens de sa propre existence se trouve dans le regard de l'autre.





















































































































mercredi 19 février 2014

une certaine cohérence... ?

J'ai vu que l'article "accablée, anéantie... etc." (je ne me souviens plus dans quel ordre cette série d'"a"... ) avait été lu  -oh, merci, merci, lecteurs fidèles ou occasionnels - ainsi qu'un article plus ancien (juin 2012) au titre évocateur : "j'en ai marre" qui présente un certain nombre de similitudes avec le premier nommé (les "a...a...a... etc."). Finalement, je parle de la même chose, de mon désespoir devant l'abêtissement généralisé, l'absence de réflexion, de recul, de sens critique. Finalement, c'est assez rassurant pour moi, je persiste et signe dans une ligne directrice pas forcément de l'ordre du radotage alzheimerien (ouf, ouf, ouf... mais jusqu'à quand ?).
Et côté littérature -pour changer de sujet et quitter une planche savonneuse- j'ai beaucoup aimé "Le chardonneret" de Donna Tart dont "Le maître des illusions" m'avait littéralement captivée et je viens de m'acheter "Le petit copain" que j'avais zappé peut-être par peur d'être déçue après le coup de maître de celui des illusions. Lu aussi "Impurs" de David Vann, maître es névroses (psychoses ?) familiales, terrible, angoissant dans cette confrontation entre un fils et sa mère à la fois inévitable et pathologique parce que basée sur le mensonge, le non-dit meurtrier (illustration, démonstration  contemporaine(s) du fameux et sans doute oublié "famille, je vous hais" d'André Gide).
Je viens d'entamer la lecture de "Mudwoman" de Joyce Carol Oates, après deux livres de nouvelles d'Alice Munro : névroses familiales, déterminisme de ces relations premières dans le devenir des individus que nous sommes, ou essayons d'être...
Pas simple, d'autant moins qu'il faut jouer le jeu social (ou sociétal) alors même que l'on se sent totalement extérieur à ce jeu même.

mardi 18 février 2014

atterrée, accablée, anéantie, angoissée...

... par les commentaires en réaction à des articles publiés sur le Net, en particulier sur Orange (O.K., ils ne choisissent pas leurs lecteurs) : non seulement les propos exprimés sont, sur le plan de la pensée, pas seulement au ras des pâquerettes mais très largement en-dessous mais, de plus, l'orthographe, la syntaxe sont erratiques, ignorées, méprisées, comme une caricature obscène de la langue française piétinée, massacrée. Le pire, c'est que ces déblatérations nauséabondes sont émises par des gens qui revendiquent leur appartenance à la France avec un grand F. J'ai envie de leur dire qu'appartenir à une nation, quelle qu'elle soit, c'est d'abord respecter sa langue, ses auteurs, Voltaire par exemple, Montaigne et leur parfaite maîtrise de cette langue, une arme, la plus belle qui soit, sous-tendue par une pensée critique, une vraie : l'ironie, l'humour qui, seuls, permettent une distance et une réflexion salvatrices quelles  que soient les opinions que l'on défend.
Quand je lis ces "posts", "commentaires", "réactions" ou quelque autre dénomination qu'on leur donne, j'ai l'impression de plonger dans la boue et de m'y immerger, au bord de l'étouffement.
Je ressens, dans le même temps, une fascination morbide pour ce fatras immonde et me promettant de ne plus en lire une ligne, je ne peux m'empêcher d'y revenir avec l'espoir de trouver, quelque part, un sursaut de quelqu'un proche de moi et parfois, cela arrive, mais trop rarement pour que cet espoir l'emporte sur l'accablement.
L'immédiateté du web est une menace sur la culture, la réflexion, l'analyse, l'intelligence, il faudrait imaginer quelque chose d'autre, comme, par exemple, l'impossibilité de réagir à chaud à propos de tout événement -majeur ou mineur- mais avec un délai :  "réagissez" ou "commentez" dans 12 heures ou 24. Les media ont une lourde responsabilité dans l'abêtissement généralisé de notre société, ils ne sont pas les seuls, certes, le tweet est peut-être un début de solution face à ce déferlement de conneries (désolée) grâce à la contrainte du nombre de signes limités qui oblige à une analyse de ce que l'on veut exprimer et donc à une réflexion, si fugitive soit-elle.

samedi 11 janvier 2014

suite à "Les grand lecteurs, une espèce en voie de disparition ?"

Je me rends compte que j'ai oublié l'essentiel dans cette interprétation et ce compte-rendu partiels de l'article du Quotidien du Médecin intitulé "La littérature aide à la compréhension de l'autre", je vais tenter de joindre l'article dans son ensemble mais ce qu'il faut absolument préciser c'est que le terme "littérature" exclut les "romans de diffusion populaire...(roman d'amour, d'aventure, policier ou de science-fiction) ". J'espère que vous pourrez lire cet article dans son ensemble, donc je ne vais pas continuer à le "malmener", c'est-à-dire à le mal-citer. Maintenant, il est probable que, pour certains, cette définition de la littérature soit un peu trop restrictive mais il s'agit d'une étude scientifique -donc, c'est du "sérieux"- quant à moi, je me pose la question mais il est certain que, parmi la quantité de livres que j'ai lus, je me souviens rarement des polars, si grand soit le plaisir que j'ai eu à les lire, mais parfaitement -ou presque- des oeuvres" littéraires" : tout Dostoïevski, Tchékov (ses nouvelles en particulier), Virginia Woolf, Anaïs Nin, plus récemment Doris Lessing, Christiane Rochefort, Pascal Quignard et tant d'autres, la liste est encore longue... mais je suis fatiguée et laisse à d'autres le soin de la compléter.

dimanche 22 décembre 2013

les "grands lecteurs", une espèce en voie de disparition ?

Hélas, hélas, je le crains (et le déplore). Il est vrai que lorsqu'on "avoue" lire deux livres (ou trois) par semaine, on voit, dans le regard parfois effaré et souvent incrédule de son -ou ses - interlocuteur(s) que l'on est "étrange" ou bien "à part" pour ne pas dire "doux dingue" (ou carrément dingue). On est soupçonné d'être un intellectuel, espèce radicalement inquiétante, éventuellement tarée : quelqu'un qui passe tout ce temps à se repaître de l'imagination des autres a quelque chose qui ne tourne pas rond aux yeux d'autrui. "Et comment faîtes-vous pour vous tenir au courant de l'actualité ?" -ce qui veut dire la réalité du monde contemporain-  "Eh bien, je me tiens AUSSI au courant... Mais ça ne prend pas tellement de temps que ça, parce que, dans ce qu'il est convenu de nommer "actualité" il y a beaucoup d'anecdotique, de factuel  (ne parlons surtout pas de "people" extrêmement attractif parce que d'une totale frivolité et de ce fait si appétent...) et peu de profondeur, d'effort d'analyse d'une situation donnée à un instant "t" avec une mise en perspective du contexte, de l'avant, de l'éventuel après. Bref, la littérature semble à des lieues de tout cela, sauf que, un quotidien très sérieux "Le Quotidien du Médecin" a publié récemment les résultats d'une étude américaine sur la TdE (théorie de l'esprit) c'est à dire "la capacité d'inférer et se représenter les émotions d'autrui" dont la conclusion est que la lecture de textes littéraires est "une sorte d'expérience sociale(...) qui stimule l'activité de théorie de l'esprit, nous place dans une situation où nous devons réellement utiliser à son maximum notre capacité de comprendre les autres personnes." (article signé Isabelle Trocheris et dont le titre est "La littérature aide à la compréhension de l'autre").
Eh bien, après la lecture de cet article  , je me sens moins seule dans mon combat "inutile", et moins dinosaure, la conclusion de l'article en question étant une citation d'Emmanuelle Castano, professeur à NSSR et coauteur de l'article paru dans "Science" : "Nous étudions le roman littéraire comme une pratique culturelle parmi d'autres. Nous espérons qu'en général ce travail  va provoquer une réflexion sur ce que cela signifie de vivre dans une communauté qui soutient les lettres et les arts."
Lire des textes littéraires serait alors un acte militant ? Oui, oui, oui, mille fois oui !

mercredi 20 novembre 2013

Mort de Doris Lessing

Cette grande dame et immense écrivaine nous a quittés, son oeuvre a joué un rôle éminent dans ma vie -de femme et d'artisane de l'écriture-  elle occupe une rangée entière de ma bibliothèque, pas loin d'Iris Murdoch -je ne pense pas que ce voisinage lui aurait déplu- et une grande place aussi dans mon coeur. Que dire de plus, sinon, que je souhaite à tous ceux qui n'ont pas encore lu les chefs-d'oeuvre que sont "Le carnet d'or", le cycle  "Les enfants de la violence", "Vaincue par la brousse", "Nouvelles africaines" etc.etc. de découvrir cette intelligence, cette réflexion sur la société humaine, ce style, bien sûr. Ce que j'ai aimé encore c'est sa capacité de révolte, d'indignation, son refus de se laisser enfermer dans une (ou des) case(s), elle a été une femme LIBRE, et mieux encore un ÊTRE libre.
Elle avait aussi de l'humour et un sens critique toujours en éveil. Pour l'anecdote, soupçonnant qu'elle était publiée sur l'unique critère de son nom, elle avait adressé à son éditeur un manuscrit  : "Les carnets de Jane Somers - Journal d'une voisine-" sous ce nom-là (Jane Somers) qui fut aussitôt refusé. Pourtant, quand on le lit, c'est bien du Doris Lessing ! Je ne suis pas sûre que la leçon ait été comprise par l'éditeur en question et les éditeurs en général mais là, on est dans une tout autre histoire dont je n'ai pas envie qu'elle vienne grever mon hommage personnel à une femme exceptionnelle. Le monde a perdu une part de lumière.