saka

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vendredi 16 janvier 2015

Télescopage de cauchemars...

Depuis plus de trois mois, je vis dans un autre monde, en marge du monde avec un grand M, je survis plutôt que de vivre, au jour le jour, au fil de la menace de l'épée mortelle suspendue au-dessus d' un être aimé, enfermée dans une bulle d'angoisse. Et voilà qu'arrive cette horreur, ces assassinats absurdes, déments, ce chagrin collectif qui vient potentialiser mon chagrin personnel, cette atteinte violente à tout ce qui faisait sens dans ma vie, comme dans celle de nombre de personnes : la liberté de penser, de s'exprimer, la lutte contre l'obscurantisme, le fanatisme, le sectarisme et tous ces trucs en "ismes", l'endoctrinement, l'aliénation de la pensée, de l'esprit critique, de l'intelligence au sens premier du terme, c'est-à-dire de la compréhension et de l'appréhension de l'autre, l'acceptation de la diversité humaine dans un respect mutuel des différences et dans celui, inaliénable, de la vie, le questionnement permanent, le refus de se croire détenteur d'une vérité unique qui, loin d'exister, n'est qu'une construction imaginaire et, le plus souvent, mortifère.
"Je suis Charlie" mais je suis aussi les innombrables victimes de l'abject Boko Haram, les petites filles ceinturées d'explosifs envoyées à un sacrifice innommable, celles capturées et vendues comme esclaves par les immondes individus décervelés et déshumanisés d'un prétendu Etat Islamique qui n'est qu'un Etat du mal absolu, un ramassis de minables sadiques, de brutes sanguinaires, sans foi (et surtout pas islamique) ni loi, d'un cynisme absolu, totalement méprisables. Et je regrette de ne pouvoir lutter autrement que par ce billet insignifiant, totalement investie que je suis par mon propre combat, prioritaire, pour la vie d'un homme, pour la vie tout court.







mercredi 22 octobre 2014

"le suicide français " ??? !!!

Si, au moins, l'auteur de cet ouvrage commençait à donner l'exemple : il suffirait d'un accent aigu sur le "e" pour en faire "le suicidé français"  et enfin, peut-être, peut-être, présenterai-il un intérêt : il mourrait pour sa prétendue cause, redonner à la "Frrance" sa virilité, comme s'il s'agissait là d'une vertu majeure, et par la même occasion nous débarrasserait de sa prose nauséabonde, archaïque et mensongère. Certes, il s'en trouverait d'autres pour prendre le relais, mais déjà un usurpateur de moins, quelqu'un qui se prend pour un historien mais n'hésite pas à falsifier les faits, les chiffres pour mieux en illustrer son point de vue personnel, sa propre interprétation, donner à croire qu'il a une pensée alors qu'il ne fait que remâcher de vieilles rancoeurs, de vieilles obsessions : trouver à tout prix un  (des) bouc(s) émissaire(s), les femmes, les immigrés, la gauche, la droite (sauf l'extrême). Tout cela m'indigne et est profondément indigne : comment peut-on, ose-t-on, manipuler ainsi l'Histoire (avec un grand H, j'insiste), uniquement pour être un succès de librairie, comment peut-on ainsi abonder dans la plus basse démagogie, jouer avec les peurs irrationnelles de citoyens déboussolés, dépourvus de tout recul, dont les seules sources d'information sont les media immédiats (pardon pour le mauvais jeu de mots), dont Internet,-la plus grande immédiateté- qui permet des "commentaires" qui ne sont qu'une pauvre -pauvrissime- réaction affective sans réflexion aucune ni autre référence à une ébauche de pensée. On "commente", sous le coup d'une émotion, la haine le plus souvent, et c'est si terriblement pauvre, affligeant qu'un lecteur un peu plus exigeant en reste sans voix. C'est à croire que M. Zemmour n'écrit que pour ces "commentateurs" dépourvus de pensée, les conforte dans cette absence de pensée et d'analyse,soit dans un cynisme total (le chiffre des ventes et une notoriété injustifiée) soit le bonheur de trouver un écho à ses délires complotistes et persécutoires. La conclusion étant qu'il est désespérant de voir une telle adhésion à un salmigondis qui se prétend pensée et qui n'est qu'un point  (d'absence) de vue réactionnaire et illégitime dans sa falsification obscène de l'Histoire.













mercredi 1 octobre 2014

Insomnie

Dans ces cas-là, je me lève et je lis. En ce moment, livre de Siri Hustvedt, "Un monde flamboyant", j'aime beaucoup certains de ses livres ("Elégie pour un américain", "Un été sans les hommes", par exemple). Pour celui-ci, j'ai un regret : autant je suis passionnée par le personnage principal, Harriet, dite Harry, artiste plasticienne, veuve d'un galeriste célèbre et toujours sous son ombre écrasante, par son idée de se "cacher" derrière des artistes mâles jusqu'au point de leur attribuer ses propres oeuvres et leurs expositions publiques, partant du principe avec lequel je suis en parfait accord, à savoir que dans le monde de l'art (de tous les arts), il vaut mieux être un homme si on veut connaître le succès et la "reconnaissance", autant je trouve que ce thème captivant aurait été plus captivant encore sous une forme plus concise avec moins de témoignages, moins détaillés, de personnages -ses alter ego, ses enfants,  ou des critiques horripilants dans leurs partis pris- moins de références intellectuelles certes brillantes mais qui diluent le récit, bref, une recentration sur la personne d' Harry suffisamment fascinante à elle toute seule, et dans ses actes et dans ses propos. En lisant ce livre, je m'interroge, par moments, sur l'identification exacerbée de l'auteur à son héroïne (nul n'ignore que Siri Hustvedt est la femme de Paul Auster et, mon Dieu, que cela doit être lourd à porter quand on est soi-même écrivain) qui fait qu'elle ne cesse d'enfoncer le clou pour nous démontrer que son intelligence et sa grande culture n'ont rien à envier à celles de son mari. Mais, ses lecteurs(-trices) ne lui en demandent pas tant, simplement d'être elle-même, auteur de grand talent, sans justification excessive par rapport à un (ou des ) autre(s), si difficile que cela soit d'être une femme créatrice, j'en suis bien d'accord.

lundi 29 septembre 2014

faîtes ce que je dis, ne faîtes pas ce que je fais...

Les merveilleux élus du Front National s'empressent de renier dans les faits ce qu'ils préconisaient dans leurs déclarations enflammées et indignées, pour le cumul des mandats, qui les scandalisaient quand ils n'en avaient aucun, "eh bien, finalement, on n'est plus contre, que les autres donnent l'exemple !..." Ah bon ? Mais je croyais que c'étaient eux, les exemplaires, les purs, les justiciers ?
Finalement, ils ont changé d'avis, ils tombent les masques. "La Frrrance" -avec trémolos dans la voix c'est mieux- son avenir, son devenir, ils s'en foutent royalement, ce qu'ils veulent c'est le pouvoir et quand ils l'auront (à Dieu ne plaise, mais Dieu, en l'occurrence, semble avoir jeté l'éponge) non seulement ils ne feront pas mieux mais ils feront pire : aux orties la République, la démocratie, à eux le règne de la médiocrité, de l'ignominie, de l'appel aux plus bas instincts, du racisme ordinaire et extraordinaire, de l'exclusion, de la haine et du rejet de l'autre, bref c'est le retour du nazisme qui, pour être prétendument "neo" n'en est pas plus beau. D'ailleurs, "neo" signifiant "nouveau", ce terme me semble particulièrement inapproprié pour un parti qui n'apporte aucune idée novatrice, dynamique, ni courageuse. C'est une résurgence métastatique d'un passé nauséabond, qui fait appel au cerveau reptilien de nostalgiques aigris, c'est le recours à des boucs émissaires coupables et responsables des dysfonctionnements de la société -ce qui permet commodément de s'en absoudre-, sus aux juifs (un peu passés de mode mais enfin, pourquoi pas ?), aux immigrés -surtout, et n'hésitons pas à falsifier les chiffres- , aux roms, aux homosexuels, à la fameuse et grotesque prétendue théorie du genre qui vient pervertir nos pôôôvres enfants dans les écoles de cette république pourrie et honnie. Bref, nous voilà en pleine régression mortifère. Et pourquoi ne pas apprendre aux enfants en bas âge le salut nazi comme s'y sont appliqués les dirigeants du sinistre parti grec "Aube Dorée" à la dénomination éhontément trompeuse, "Nuit noire et ténèbres éternelles" leur irait tellement mieux au teint.
Je vis, hélas, hélas, dans un département qui a porté au Sénat deux membres de ce parti dont je tiens à faire remarquer que son nom a été emprunté à celui d'un mouvement de résistance des (précédentes) années noires dont les anciens militants ne doivent cesser de se retourner dans leur tombe. Ignorance ou cynisme ? Je penche pour la deuxième option. Je constate que la droite locale a franchi la ligne jaune, sans états d'âme apparents (au fait, ont-ils une âme ou tout au moins une conscience ?) , après avoir longtemps flirté entre droite et extrême et je revendique et affirme mon mépris total envers ces prétendus "grrrands électeurs" , incultes, dépourvus de mémoire et opportunistes, qui contribuent à porter au pouvoir un parti qui n'est définitivement pas un parti comme les autres.

mercredi 10 septembre 2014

je suis en colère...

... et triste aussi. En colère devant cette déréliction, ce naufrage de la politique française, le "Hollande bashing" qui profite à ce parti rétrograde, populiste, sans aucun projet viable et honorable -que peut-on construire sur la haine de l'autre même et surtout habilement dissimulée, sur le rejet, l'exclusion ?- que je me refuse à nommer . En colère devant cette basse, minable vengeance d'une femme quittée qui conforte ce parti dans sa conquête, galopante et faisant feu de tout bois, du pouvoir. Comment peut-on être à ce point narcissique, dépourvue de tout esprit critique, de tout esprit civique pour assouvir un besoin de règlement de comptes personnel qui met la démocratie, déjà fragilisée par le contexte économique et social, en danger ? Ceci du fait d'une personne qui se prétend "journaliste politique"mais qui n'hésite pas à déballer publiquement une "vie privée" après avoir attaqué en justice des auteurs qui en disaient beaucoup moins sur le même sujet. Narcissisme, égocentrisme, inconscience totale, dramatique. Et que dire du voyeurisme de ces "lecteurs" qui ne voient dans cet "ouvrage" que la confortation  de leur détestation d'un président élu au suffrage universel et donc légitime ? Quelle tristesse...

dimanche 17 août 2014

il suffit d'une voix...

...entendue ce matin à la radio, France Inter, dans une émission consacrée au Festival de Cannes, programme d'été les samedi et dimanche matins. La voix de Christiane Rochefort, son timbre frêle et pourtant ferme, cette voix, et toutes nos conversations, tous nos échanges si denses, si riches, me sont revenus en pleine figure, en plein coeur, comme si l'absence était abolie, comme si, ouvrant mes yeux  fermés sous l'émotion de cette voix retrouvée, j'allais voir son sourire, ses yeux, entendre son rire et poursuivre un dialogue interrompu le 24 avril 1998 et devenu ensuite monologue parce que je lui parle souvent mais n'ai d'autre réponse que celles qui sont restées dans mon oreille et que j'entends avec ma voix et non la sienne, les mots qu'elle m'a dits dont son absence définitive n'a fait qu'un écho. Rien n'est plus difficile à faire revivre qu'une voix, son souvenir est comme une musique lointaine, presque imperceptible et l'entendre à nouveau, désincarnée, est une épreuve cruelle.

vendredi 1 août 2014

Le "coup de la fontaine"

Ah, ah, ah ! J'en rigolerais si ce n'était pas si triste, si lamentable, si minable... Je résume : un maire F.N. récemment élu (j'ai oublié son nom), dans une ville du nord -je crois- dont j'ai aussi oublié le nom, a fait repeindre en bleu (marine ?) une fontaine d' "art contemporain" qu'il trouvait "triste", bien entendu sans avoir demandé l'avis du sculpteur. Ici, à Toulon, où nous avons été les premiers à "bénéficier" en 1995 d'une mairie F.N., une autre fontaine -également art contemporain- a été démontée, toujours sans que son auteur ait été consulté, et remplacée par une plantation d'oliviers et autres plantes méditerranéennes dans le "respect de la culture provençale". Le F.N. est apparemment allergique aux fontaines et à l'art contemporain en général, le F.N. , qui semble malheureusement avoir de beaux jours devant lui si on continue à le banaliser et à le considérer comme un parti "normal", est un parti d'extrême-droite, populiste, anti-démocratique, raciste et antisémite semblable à ceux qui ont porté au pouvoir Hitler, Mussolini et le régime de Vichy après la défaite française en 40.
Comment pouvons-nous admettre que toutes les subventions dévolues aux actions culturelles, en particulier dans les quartiers défavorisés, soient sinon supprimées du moins largement amputées ? Il s'agit d'une tactique délibérée d'enflammer ces quartiers afin de les réprimer férocement, afin de prouver aux "braves citoyens français de souche" (les seuls "valables" ?) qu'ils sont protégés contre les méchants islamistes, c'est-à-dire, dans un esprit de simplification et de réduction dramatiques, contre les musulmans, alors que la majorité des pratiquants de cette religion en France est essentiellement pacifique et choquée par les actes que commettent une minorité des leurs. J'ai l'impression de vivre les années 30, que je n'ai pas connues évidemment mais sur lesquelles j'ai beaucoup lu et réfléchi surtout depuis la montée de ce parti sans idées novatrices, parti d'un malheureux passé exploitant le rejet de l' "étranger", la tentation du repli sur soi c'est-à-dire la régression, la recherche d'un bouc émissaire qui évite de se poser des questions sur sa propre responsabilité dans l'échec économique, moral et intellectuel de notre société.
Je rappelle aussi que, dans les municipalités F.N., certains livres étaient jugés indésirables dans les bibliothèques municipales et retirés des rayons et qu'il n'y a pas si longtemps il en a été de même -à Toulon en tout cas, ville remarquable pour son esprit progressiste ainsi que le prouve son passé, mais sûrement ailleurs,  à l'initiative du mouvement anti-mariage-gay et sa sinistre égérie à bouche de gargouille- sans parler de l'énorme supercherie des mouvements contre la "théorie du genre" inexistante mais abondamment exploitée par les pires mouvements réactionnaires. La France, ex-pays des libertés et en particulier de la liberté de pensée est en grand danger de décérébration généralisée. Aux armes citoyens, dépoussiérez vos neurones !