
Elle, qui me manque tant, dans la dureté de ce que je vis en ce moment.
Extrait d'un de ses deux derniers livres ("Conversations sans paroles" -Ed. Grasset, 1997) :
"Ecoute, je vais te faire une honteuse confidence : ma mère me manque. A mon âge. Horreur. Après tout ce temps tranquille. Six décennies , sans douleur. Et voilà, maintenant, pour la première fois de ma vie, elle me manque.
A y regarder de près, ce n'est pas elle qui me manque : celle que j'ai eue comme mère, ma mère réelle. Celle-là, je ne la supporterai pas cinq minutes. Elle se rendrait tout de suite impossible. Se prendrait d'entrée pour ma mère et ce serait foutu. Je vois ça d'ici : perchée sur mon dos. Et la cravache. Symbolique, OK, elle ne tapait pas. Pas la peine : les mots, bien choisis, ça fait autant de dégâts. "
Voilà. Je pourrais presque en recopier des pages et des pages, mais je n'ai pas le courage. Relire ces pages me fait du bien, parce que maintenant c'est ce que je vis. Christiane, toujours en avance sur son temps, visionnaire : "Une rose pour Morrison" qui décrivait ce qu'il s'est passé en mai 68, deux ans avant. Christiane, oubliée, dans son purgatoire mais qui s'achèvera, parce qu'elle est un des plus grands écrivains français du 20ème siècle, parce que je l'ai lue et admirée bien avant de la connaître et de nouer avec elle une relation d'une richesse et d'une tendresse exceptionnelles, parce que : "te voilà, quel bonheur !" ces mots, son sourire et son regard quand j'arrivais chez elle, personne ne me les a jamais adressés avec autant d'amour et d'authenticité.
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