... ou l'éternité. Depuis que j'ai entendu ce terrible décompte à la radio (à la télé aussi, je présume ? ), je suis taraudée, obsédée, par ce laps de temps, si bref, et si long. Comment dire adieu à la vie en 3 minutes 30 secondes ? Je pense à tous ceux qui aimaient, attendaient ces 228 personnes, quand ils entendent ÇA : 3 minutes 30 secondes de chute de l'avion avant le crash, comment peuvent-ils supporter, concevoir, la pensée de ce temps si bref, si long, où leurs aimés ont eu conscience, avant eux, qu'ils ne se reverraient jamais ? Ce désir de "savoir" des victimes collatérales de ce genre de catastrophe -j'ai du mal à dire "accident"- n'est- il pas un peu masochiste, ou de l'ordre de la culpabilité du survivant (pourquoi n'étais-je pas dans l'avion avec lui, ou elle, à sa place, pourquoi est-ce que moi, je dois vivre et supporter l'insupportable ? ). Comment peut-on dire que seuls les membres de l'équipage ont compris qu'ils vivaient leurs dernières 3 minutes 30 secondes, et pas les passagers ? Sans doute une façon de consoler les endeuillés mais j'ai du mal à y croire : quiconque a vécu des turbulences et des trous d'air dans un avion sait que, à moins d'être profondément endormi sous l'effet d'un anxiolytique ou d'un somnifère, il n'est plus qu'un fétu de paille, un grain de poussière, ou ainsi que l'écrivait Pascal un ciron ( symbole de l'extrêmement petit ) dans l'univers.
vendredi 27 mai 2011
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