saka

saka

mercredi 4 mai 2011

L...

J'ai entendu une chanson d' L ou faudrait-il plutôt écrire "de L. ?" A l'oreille, c'est moins joli même si c'est  plus correct du point de vue de la syntaxe, et puis ça enlève du sens... Ça m'a plu : jolie voix, jolie musique et paroles intéressantes. Nous avons un point commun avec L. : j'ai écrit "Un froissement d'aile" avec en arrière-pensée : "Un froissement d'elle", jeu non pas sur les mots : "L"n'est pas un mot, mais une lettre qui commence par "l"  (étrange, non?). Mais bien sûr, je pense que cette désignation de soi-même par "L" ou "Elle"(et peut-être L a-t-elle eu une envie d'ailes, d'être pourvue d'ailes et s'envoler, filer à tire-d'aile, comme je l'ai ressenti moi-même et le ressens encore) est l'expression d'une difficulté à se nommer "moi"? Peut-être parce que ce "moi" n'a pu exister, se développer totalement, parce que "elle" est désignée par les autres, non pas comme un sujet, un être à part entière, mais comme quelqu'un d'autre que le (ou les ) désignataire(s) - étrangement, je pense aux parents, ah, ah, ah ! - considèrent comme un objet extérieur, malléable et manipulable à merci.
Il est étrange que ce que je viens d'écrire là me semble très clair, alors que les rares lecteurs qui me suivent encore doivent se sentir complètement largués, mais peut-être pas tous, après tout ?
Je ne devrais sans doute pas me réjouir d'avoir écrit ce message plus ou moins fumeux (oh, comme j'aimerais re-fumer !!! mais non, non, non !) mais pour moi, écrire est une preuve que j'existe encore.
A ce propos, lisez ou relisez ce texte  magnifique de Borges : "Borges et moi" (je suis à peu près sûre de l'avoir déjà cité dans ce blog, c'est un texte qui a tant de sens) dans lequel se révèle toute l'ambiguïté de cette double identité : celui ou celle  que l'on se sent être intimement et celui ou celle dont l'image sociale est un faux double puisque l'on ne se reconnaît pas vraiment dans ce que nous renvoie l'autre : un reflet, tremblé, déformé, un autre issu de l'autre. C'est pour cela, qu'à mon sens, il ne peut y avoir de réelle communication. Seul, du début à la fin, c'est la condition humaine mais qui n'empêche pas l'amour, l'empathie, le bonheur de se fréquenter, de se côtoyer, de se parler etc.. Toutes choses merveilleuses mais qui ont leurs limites : une des choses primordiales pour moi (et même pour "elle") c'est de conserver, d'entretenir cette lucidité  : nous sommes seuls ensemble, mais sûrement pas "ensemble, c'est tout ", ne perdons pas de vue qu'avant d'être ensemble avec les autres, il faut s'efforcer d'être ensemble avec soi, autrement dit recoller les morceaux autant que possible puisque, à peine nés, nous sommes réduits en miettes.
Désolée de cette logorrhée, mais personne n'est obligé de lire jusqu'au bout mes élucubrations qui, Dieu merci, se sont fait rares ces derniers temps.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire