saka

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dimanche 26 août 2012

aujourd'hui j'ai aimé le mistral

Je sais, c'est extrêmement égoïste par rapport à ceux qui ont subi l'incendie qu'il a contribué à entretenir dans les Bouches-du-Rhône, mais, en ce qui me concerne, il m'a fait renaître à la vie, il a balayé la chape de chaleur lourde et humide que je hais, qui m'anéantit, me coupe les jambes et sape mon peu d'énergie. Ce matin, l'air était frais, léger et, Dieu ! que c'était bon de le respirer, après ces jours et ces jours plombés, moites, épuisants. J'ai toujours aimé la chaleur -sèche surtout- dans la mesure où je peux m'en prémunir, m'enfermer la journée avec un bon livre, sortir la nuit tombée mais quand je dois assumer courses, préparations de repas, lessives (en machine), étendage, ramassage et éventuellement repassage -que je zappe un maximum-, pour "famille nombreuse", je n'y arrive plus, j'en ai marre, je deviens odieuse, agressive et gueularde (presque geignarde, ce qui est le pire) et donc, ce faisant, coupable de ces sentiments et ressentiments forcément honteux, victime pantelante de la doxa qui m'impose le bonheur et la reconnaissance éternels d'être grand-mère, comme si c'était une identité et non pas une péripétie de ma vie. Victor Hugo et son art d'être grand-père me font bien rigoler, j'imagine qu'il n'a jamais couru les marchés (pas les hyper qui n'existaient pas), jamais mis les pieds dans une cuisine pour préparer à manger à des gamins qui tordent le nez devant ce qu'on leur propose, hormis pâtes, riz et pommes de terre, frites de préférence. Cher Victor, moi aussi, j'aime mes petits-enfants, j'aime les écouter, les observer, parler avec eux et ce, d'autant plus, que je n'ai pas à me demander ce que je vais leur faire à bouffer ce soir, il est vrai que j'ai le tort d'être une femme, du XX1ème siècle, écrivaine inconnue mais écrivaine quand même parce que c'est ça ma véritable identité, quand je m'y autorise.

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