saka

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mercredi 17 avril 2013

retour au livre de Joyce Carol Oates

Celui dont je parlais hier : "J'ai réussi à rester en vie", dont le titre original est beaucoup plus sobre d'ailleurs : "A widow's story". Pourquoi ne pas avoir gardé ce titre en français : "Une histoire de veuve " ? Je suppose que l'éditeur a préféré quelque chose de plus glamour, pour ne pas dire plus vendeur, et plus général aussi : "une histoire de veuve" risque de n'intéresser que des personnes concernées -et lectrices de surcroît-, alors que "j'ai réussi à rester en vie" interpelle (j'ai horreur de cette expression) donc, disons, concerne un beaucoup plus grand nombre de personnes. Pour les lecteurs potentiels qui ne lisent pas la quatrième de couverture, ne feuillettent pas le livre avant de l'acheter, combien sont susceptibles d' avoir "réussi à rester en vie" ? Beaucoup, je suppose, étant donné les épreuves que doit surmonter tout être vivant, pas seulement humain, mais les autres n'ont pas la capacité d'écrire. Bref, je ne veux pas faire le procès du marketing dans le choix des titres de livres, traduits ou non, parce que, après tout, je n'aurai peut-être pas acheté ce livre s'il avait été intitulé "Une histoire de veuve", quoique le seul nom de l'auteur aurait été, pour moi, incitateur.
Ce que je voulais ajouter à mon message d'hier, c'est que j'ai acheté ce livre d'occasion chez un bouquiniste et que de nombreux passages en étaient soulignés, ou bien mis entre crochets, et cela m'a beaucoup émue, car ce récit de Joyce Carol Oates était manifestement en symbiose avec ce qu'avait vécu la lectrice précédente et, pendant que je lisais, je devenais particulièrement attentive à tout ce qu'avait souligné cette femme (cela aurait pu être un homme, mais mon intuition me dit que non),  et je ne pouvais m'empêcher de me la représenter, de trouver des indices sur son identité sociale, son propre vécu et l'écho douloureux que ce récit éveillait en elle, au point que j'ai eu le désir d'écrire un roman dont la lectrice de ce livre serait l'héroïne, avec une vie que je lui inventerais, et c'est là que je fais le lien avec le passage que j'ai cité dans mon message précédent : " ... c'est que je suis submergée d'idées de nouvelles, de poèmes, de romans...etc..." (je ne vais pas tout réécrire, voir ce message d'hier, s'il y en a que ça intéresse). Je trouve cette mise en abyme vertigineuse : une femme-écrivaine- lit le livre d'une autre femme -écrivaine- "commenté" très discrètement (soulignage) par une précédente lectrice ( et pourquoi pas écrivaine ?) et a le désir d'imaginer et d'écrire ce qu'a pu vivre cette lectrice, à partir, et seulement, de ce qu'elle a souligné. Voilà. Mais, retour encore au message précédent : "trouver l'énergie, la force".
Tant de frémissements, de désirs fugaces mais impérieux finiront peut-être par aboutir. Me vient à l'esprit un fragment de poème -mais qui, mais quoi ? à l'aide, mes lecteurs (s'il y en a)- : "et comme l'espérance est violente".

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