saka

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mardi 5 novembre 2013

à propos de Liam O'Flaherty (suite)

En fait, cette référence à la "démence", permanente dans le livre dont je parlais hier, est sans doute vraie, bien que le mot me semble inapproprié. Je me demande si cet auteur n'était pas victime d'un stress post-traumatique : il s'était engagé dans la Garde irlandaise en 1915 et il a subi -sans être blessé physiquement- l'explosion d'un obus dans un trou où il s'était réfugié avec d'autres soldats, il a assisté à la désintégration et au démembrement de ses compagnons, et évacué vers un hôpital où il a, apparemment, séjourné dans un service psychiatrique avant d'être renvoyé dans ses foyers. Il raconte cela dans ce livre, et c'est un des passages qui m'ont le plus intéressée. Le côté décousu de son récit, où il parle lui-même de certains moments de confusion mentale, peut s'expliquer par ce traumatisme. Bien sûr, il était vraisemblablement misogyne comme nombre de ses contemporains (il est né en 1896) avant ce terrible événement mais j'admets que ce dernier a dû complètement bouleverser son équilibre mental. Je suis contente d'arriver bientôt à la fin de son livre, sans jamais avoir réussi à y entrer vraiment, car il est, en définitive, plutôt angoissant. Quant à sa dédicace : "J'offre ce poignard à mes ennemis", elle me semble bien traduire son état d'esprit, ses états d'esprit devrais-je dire, il en change souvent, passant d'une grande exaltation à une déréliction totale. Je me demande s'il n'inclut pas ses lecteurs parmi ses hypothétiques ennemis ?
Je ne trouve pas qu'on puisse vraiment le comparer à Céline -peut-être un peu dans le style exclamatif et flamboyant- mais pas dans son approche du sens possible de la vie.

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