Je n'ai pas d'amour particulier pour les mouches, surtout les grosses bleu-vert vibrionnantes mais les moucherons, modestes et silencieux, m'émeuvent comme tout ce qui est modeste et silencieux. Ce soir, alors que mon dernier verre de vin (Puisseguin Saint-Emilion) vieillissait de quelques minutes supplémentaires sur mon bureau, j'avise une petite chose, immobile et surnageante à sa surface, un moucheron donc, que j'enlève délicatement à l'aide de mon coupe-papier et dépose sur un mouchoir qui devait lui servir de linceul. A ma grande surprise, il s'ébroue aussitôt, bouge ses ailes minuscules et se met en devoir d'arpenter le mouchoir. Sauvé, non pas des eaux mais du vin ! J'ai secoué le mouchoir par la fenêtre -advienne que pourra du minuscule bestiau rendu à la nature- et, après quelques secondes d'hésitation, j'ai fini mon verre de Puisseguin Saint-Emilion, ingérant sans doute quelques infimes particules moucheronnesques, sans doute pas au péril de ma vie mais il aurait été regrettable de sacrifier à un hygiénisme excessif deux ou trois dernières gorgées de ce noble nectar.
vendredi 15 novembre 2013
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